Photography by Justin P. Dodd

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Beaudelaire, “l’homme et la mer”

One thought on “”

  1. La photo est très belle. Le poème bien sûr. La dernière strophe me fait vraiment penser au Vieil homme et la mer d’Hemingway. Nous qui n’avons vu de vagues que celles des élections politiques ou celles très approximatives de la piscine de la base de loisirs de Saint-Quentin, peux-tu nous dire quelle est la hauteur de ces vagues et si la mer “cogne” contre le bateau. Merci encore.

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